Interview avec SAMBRE

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Sambre-Magda-Danysz-Les-Bains-Douches-Photo-by-Espinozr-SAMBRE installation à Les Bains Douches à Arts et Métiers, Paris. Photo: Espinozr.

Merci Jeanne-Marie Laurent pour son aide

Le jour où nous nous sommes rencontrés, il m’a indiqué l’exposition éphémère organisée par son crew, qui se tenait dans un lieu secret le jour de l’élection présidentielle française de 2012. Le collectif de douze artistes très forts avait pour objectif d’infiltrer un ancien bâtiment de bureaux dans une rue ombragée perpendiculaire au charmant Parc des Buttes Chaumont afin de produire le fantastique Musée Imaginaire.

Pendant la nuit, le collectif s’y est faufilé et a installé une exposition entière pour n’être attrapés que le matin suivant par des agents de sécurité qui ne pouvaient rien faire à part regarder parce qu’une foule de personnes était déjà arrivée, informée le matin-même par Facebook du dernier squat d’artistes à Paris. Pendant le vernissage, les compagnes des artistes servaient des gâteaux et des jus de fruits en échange de donations volontaires.

La scène street art parisienne est de plus en plus reconnue grâce à deux autres expositions éphémères extraordinaires de ‘graffiti’ qui se tenaient l’année dernière, la Tour Paris 13 et les Bains Douches, dans lesquelles SAMBRE était également impliqué.

SAMBRE-La-Tour-Paris-13-Photo-by-Jeanne-Marie-Laurent SAMBRE installation La Tour Paris 13 exposition. Photo: Jeanne-Marie Laurent.

Parle nous de ton parcours artistique. Comment et pourquoi as-tu commencé le graffiti et le street art ? Qu’est-ce qui t’a conduit à créer des œuvres en bois ?

Mon parcours artistique s’est articulé entre différentes inspirations de vie, si je puis dire. Je suis né dans la campagne ardéchoise, il y avait du bois partout autour de moi. Mes parents sont agriculteurs donc très tôt, j’ai eu un contact avec la matière.

Après un BAC général, je ne savais pas trop vers quoi me diriger donc je me suis dit ‘Autant faire quelque chose qui me plaît’ et j’ai donc fait un CAP de Menuiserie. Pendant une année j’étais en alternance entre une école chez les Compagnons du Tour de France à Grenoble, et chez un compagnon menuisier en Ardèche. C’était une bonne formation. On faisait de nombreuses réalisations donc ça m’a permis de voir pas mal de cas de figures.

Mais il me manquait une donnée plus créative. J’ai alors fait une année de mise à niveau d’Arts Appliqués à Lyon en 2004. A la suite de ça je suis entré à l’école Boulle à Paris, pour un Diplôme des Métiers d’Arts en Sculpture sur bois.

En parallèle j’avais commencé le graffiti en 2000, quand j’étais au lycée. Quand je suis arrivé à Paris en 2005, j’ai fait de plus en plus de graffiti, de manière plus déterminée.

J’ai très vite rencontré des gens liés au phénomène. Lors de ma 2ème année à l’école Boulle j’ai fait un stage avec Jean Faucheur, dont j’avais découvert le travail dans Graff-it. C’était idéal parce-que Jean travaillait la peinture autant que la sculpture. Il a une manière de créer qui est très polyvalente, cela me correspondait bien. Il avait son atelier à la Forge, où il y avait les VAO, L’Atlas, Babou, Tanc, Sun7, Teurk. Je les ai donc rencontré lors de mon stage. Ils sont devenus ma famille parisienne, en quelque sorte.

En 2007, j’ai obtenu mon diplôme et je suis parti en République Tchèque pendant trois ans, en commençant par six mois d’Erasmus, où j’ai approfondi mon travail de sculpture avec un professeur qui est devenu mon ‘maitre à penser’ en quelque sorte. Après l’école Boulle qui était très cadrée, lui me laissait une grande liberté dans ma manière de travailler.

SAMBRE-Le-MUR-xiii-Photo-by-Jeanne-Marie-Laurent.jpg-2SAMBRE – Le MUR XIII. Photo by Jeanne-Marie Laurent.

Interview sambre tumblr_mvsdpusm9v1s60l3po6_1280SAMBRE – Le MUR XIII. Photo by Jeanne-Marie Laurent.

Tu fais partie du crew de graffiti parisien 1984. A quoi fait référence ce nom et quelle est sa signification ? Quand et comment as-tu rejoins ce crew ?

En parallèle de mon séjour en République Tchèque, je revenais à Paris et j’en profitais pour voir l’équipe de La Forge, et plus particulièrement Teurk, et de fil en aiguille j’ai rencontré tous les membres du 1984. Après une année passée à Bruxelles pendant laquelle j’ai développé mon travail d’atelier, je suis revenu à Paris début 2012, et c’est là que je suis rentré ‘officiellement’ dans le crew 1984. On faisait de plus en plus de projets ensemble, portés par une vision commune.

Le nom 1984 fait d’abord référence au livre éponyme de Georges Orwell, à la société de contrôle, Big Brother, le fait d’être surveillé en permanence… Disons que ça évoque également  une lecture de la société où l’individu peut déjouer toute cette construction, tout ce système pour y créer ou recréer des espaces de liberté. Je suis moins citadin que le reste de l’équipe 84 de par mes origines, et du coup ça avait beaucoup de sens parce-que ça me tenait à cœur de retrouver ces failles de respiration dans la ville, pour rendre le quotidien agréable et apprécier la vie dans ce contexte là, ce qui est un leitmotiv du 84 à l’origine.

Mon intégration dans le crew s’est faite essentiellement par affinités humaines et artistiques. On est tous des touche-à-tout. On n’est pas resté que dans le graffiti, ce n’est pas notre seule raison de vivre. Notre boulot est le prolongement de tout ce qu’on a fait en lien avec l’univers du graffiti. Et donc que ce soit des installations vidéos, de la peinture, de la sculpture, du tatouage, de l’animation… Chacun a son moyen d’expression spécifique. C’est ça qui nous donne une force de groupe et un intérêt, parce qu’on y fait des choses très différentes. On s’enrichit mutuellement tout en se nourrissant de ce que font les autres, même si des fois on se dit « Qu’est ce qu’il fait ? Qu’est ce qui se passe ? » Ca ne me correspond pas forcément, mais ça correspond à la direction qu’on prend ensemble.

Ce n’est pas l’identité visuelle qui nous rassemble, on fait parfois des choses aux antipodes les uns et des autres, mais on se nourrit de ces différences-là, on ne cherche pas à créer une école visuelle. Ce qu’on veut, c’est faire réfléchir, partager des questions et tenter  d’apporter des réponses. L’idée est d’associer des compétences pour être adaptables et réactifs à plusieurs cas de figures, et ainsi constituer un univers complet.

Cette année, je me suis plus penché sur l’approfondissement de ma propre identité mais les deux ne sont jamais complètement dissociés, dans le sens où c’est un peu comme une famille. Dans mon discours, le crew est forcément présent, c’est un peu le centre. Souvent, on a nos propres opportunités et notre propre démarche et puis selon les projets, on va plus ou moins intégrer l’équipe. Mais il y a toujours un lien et on communique sur nos projets respectifs. C’est humain avant tout, il n’y a pas de système établi, ni de règles à ce niveau là.

Interview SAMBRE-Le-MUR-xiii-Photo-by-Jeanne-Marie-Laurent.jpg-4Interview SAMBRE-Le-MUR-xiii-Photo-by-Jeanne-Marie-Laurent.jpg-3SAMBRE – Le MUR XIII. Photo by Jeanne-Marie Laurent.

Interview sambre drawings SAMBRE – Le MUR XIII dessin.

SAMBRE-Le-MUR-xiii-Photo-by-Jeanne-Marie-LaurentSAMBRE – Le MUR XIII. Photo by Jeanne-Marie Laurent.

Parle nous un peu plus de tes œuvres. Quels en sont les thèmes principaux et les principales influences ?

J’ai toujours du mal à parler de mes influences parce que je n’ai pas de référents figés. Il me faudrait parler de tout, de la manière dont cela influence ma vie. Je ne prends pas de référence consciente à chaque fois que je réalise quelque chose. J’aime bien l’univers des surréalistes, du fait qu’ils travaillent de manière automatique. De la même façon, je suis plus une sorte de vecteur de création qui cristallise des idées et des formes qui ne sont pas forcément des choses personnelles. Pour moi, de toute façon, la création n’est jamais totalement innovante, il s’agit plus de redigestion de ce qui nous entoure.

Ce qui m’intéresse aussi, c’est de réagir par rapport à un moment donné, à un lieu donné, à une situation donnée. Sans prétendre apporter une réponse au contexte socioculturel, j’aime me dire que tout ça tient d’autre chose. Ce n’est pas juste mon identité qui s’exprime mais c’est à travers mon identité que j’exprime ce qui se passe autour de moi. En ça, j’ouvre au dialogue et à la communication, je propose un terrain d’échange. Et donc je ne prends pas d’influences précises, je suis influencé par tout. Par tout et rien. C’est ma vie qui m’influence le plus, qui me pousse à rencontrer telle personne, à faire tel voyage, à aller voir une expo de tel artiste.

Ton œuvre au M.U.R. XIII est entièrement faite de bois, mais tu crées également avec des bombes de peinture entre autres médias. Quelles différences y-a-t-il entre travailler en 2D et travailler en volume ?

Je pense que la principale différence entre une œuvre en 2D et une œuvre en 3D, ce sont les moyens techniques et l’implantation dans l’espace. C’est-à-dire qu’une peinture n’a pas d’implantation dans l’espace, si ce n’est qu’elle a une répercussion visuelle. La peinture  modifie ton appréhension de l’espace alors que le volume modifie l’espace. Avec une œuvre en 3D, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ça change quelque chose physiquement, dans l’approche et le ressenti direct qu’on peut avoir de l’espace en question.

Une œuvre en 3D est aussi beaucoup moins spontanée, il y a une ligne directrice anticipée (même si je me laisse une marge d’improvisation, car j’aime me laisser surprendre). En l’occurrence pour Le MUR XIII, ma structure et ma direction, c’était l’idée du visage qui sort du cadre. La question que je voulais poser et que je me posais à moi-même dans cette réalisation concerne l’Homme et son rôle dans un environnement mécanisé, industrialisé. Loin de son contexte originel il n’est plus tout à fait humain, c’est un animal urbain. C’est une réflexion sur la notion d’enfermement, de contrainte, qui peut aussi être structurante et devenir constituante, sur l’ambivalence, le paradoxe de tout ce qui nous tiraille et qu’il ne tient qu’à nous de renverser.

Les points communs entre 2D et 3D pourraient être les suivants: une composition, un ressenti visuel de l’espace, même si l’appréhension des pleins et des vides reste beaucoup plus importante quand il s’agit d’une œuvre en volume.

Néanmoins dans la peinture il y a vraiment un défoulement spontané dans la gestuelle, dans le fait de balancer les couleurs sur la surface.

Les deux à leur manière m’apportent quelque chose de fort, car je mets beaucoup de conviction et de dépense physique dans mon processus de création.

J’ai déjà réalisé des installations qui mêlaient installation et peinture, mais pas vraiment ma peinture. C’est-à-dire que par exemple pour Le MUR XIII,  j’ai utilisé la peinture comme à La Tour 13, pour composer, pour attirer l’attention à tel ou tel endroit. Je n’ai pas créé une peinture esthétique ou une peinture de libération dynamique. J’utilise plus la peinture comme un moyen limitant ou accentuant jusqu’ici dans les installations.

Je me suis pas mal détaché de la peinture cette année parce qu’il y a eu plus d’opportunités de faire des installations. Mais c’est inévitable, à un moment je vais créer un pont. J’y viens doucement en fait.

Sambre-Swiz-French-Kiss-crew-Photo-by-Man-Art-is-LifePar SAMBRE and SWIZ. Cliquez pour agrandir l’image, iciPhoto: Man – Art is Life.

Que penses-tu du fait que l’on te qualifie d’artiste graffiti par opposition à un street artiste ? Que signifie le terme « graffuturisme » ?

Pour moi le terme ‘street art’ est devenu fourre-tout, il ne veut plus rien dire. Maintenant c’est connoté péjorativement, ça englobe tout type de stickers, pochoirs, inscriptions… C’est une expression du peuple, très bien, mais je trouve que c’est réducteur, c’est un terme pour le grand public et ça perd de son essence. J’ai du mal à dire que le graffiti c’est du street art. Ce sont des termes dans lesquels chacun y voit et met ce qu’il veut.

Pour parler de Graffuturism, c’est un concept créé par Poesia, un artiste américain. Le terme a été repris en France et soutenu par Poesia. Enfin disons que c’est un mot qui se propage pour parler du graffiti contemporain, une forme de graffiti qui se dirige vers autre chose, avec d’autres matériaux et d’autres mouvances qui se détachent de la lettre. D’après cette définition, ça réunit pas mal de choses.

Personnellement, je trouve que c’est un terme trop large maintenant. C’est bien mais c’est encore un terme qui se noie dans la masse et perd de sa singularité. Ca prouve que tout ce phénomène-là est dur à qualifier, dur à nommer, d’autant plus qu’il y a des tonnes de nouvelles choses qui émergent, qui viennent de tous côtés, de tous milieux, et du monde entier.  Mais en ça, je trouve que c’est positif.

On a donné à mon travail l’étiquette ‘Graffuturism’ suite à l’exposition de début d’année à la galerie OpenSpace. Ils m’ont proposé de participer et j’ai exposé une sculpture là-bas. C’est également passé par Internet, via Poesia qui fait référence, dans son blog, à plein d’œuvres, plein d’artistes du monde entier, qui du coup héritent du terme Graffuturism.

Par rapport à mon travail, c’est en quelque sorte du graffiti qui a « mûri », qui a évolué vers quelque chose d’autre, avec d’autres matériaux, une autre direction, une autre approche, en ça, ça parle bien de ce concept de graffuturism.

Je pense que je n’ai pas lu tout ce qu’on a pu dire sur moi ou mon travail. Notre image nous échappe et on ne vas pas empêcher les gens de juger à leur manière. Mais au fond, je pense que je m’en moque un peu. Je n’ai pas une vision draconienne de ma création, en disant c’est ceci, c’est cela. Ca m’apporte beaucoup aussi d’avoir les opinions des gens, leurs réactions. Si la critique est négative mais constructive, très bien car je ne prétends pas apporter la vérité. Je reste ouvert à la discussion.

Explique-nous ce que c’est de travailler et de vivre aux Bains Douches, l’espace abandonné au centre de Paris où tu as créé l’incroyable globe de bois.

Le projet a eu lieu du mois de janvier au mois d’avril. Les Bains-Douches étaient un lieu en transition, et j’accorde beaucoup d’importance à ce terme. Car dans ces lieux, la matière prend une forme de liberté temporaire, elle reprend ses droits. La proposition de participer à cet événement est venue de Teurk des 1984, c’est un bon exemple justement où l’individu se tourne vers le collectif. C’était une période de ma vie où je n’avais pas d’appartement, du coup la formule résidence artistique avec possibilité de loger sur place m’allait très bien. J’ai donc vraiment vécu 3 mois là bas. Et ça tombait bien puisque le lieu qui me parlait le plus était sur le même palier que celui du lieu de vie ! L’espace m’a très vite inspiré cette forme qu’est la sphère et j’ai ensuite mis en œuvre les moyens pour travailler dans ce sens là. Les gros avantages de ce lieu c’était évidemment le fait que ce soit officiel, personne ne pouvait venir me déranger, l’architecte m’a juste dit ce qu’il ne fallait pas enlever pour que le bâtiment continue à tenir debout. Il y avait de l’électricité, les ouvriers du chantier pouvaient me prêter du matériel. Les conditions étaient vraiment idéales, dans un lieu en transition avec un réel cachet. Je pouvais faire tout ce que je voulais.

Pour moi ce n’est pas frustrant de me dire que ma création ne sera pas vu par le public. D’une certaine manière, c’est dommage parce qu’on a toujours envie que le maximum de gens voit notre travail. Mais en même temps c’était aussi d’ordre introspectif, il y a cette espèce de paradoxe de faire ça pour toi et que les autres le voient aussi. Pour moi c’était vraiment un temps de méditation, il y avait quelque chose de rituel d’aller là bas tous les jours, j’étais souvent seul, même si j’étais aidé par mon ami Martin (heureusement, sinon je n’aurai jamais pu finir dans les temps). Et je sais très bien, grâce au graffiti, que ce que je fais est de l’ordre de l’éphémère et de l’invisible. Il faut que ça passe par la photo, la vidéo, pour être vu par le public. Ca crée une sorte de contexte mystique, une ambiance où l’on ne sait plus très bien ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. C’est poétique, vaporeux,on ne sait plus trop à quoi ça tient.

C’était relativement différent à La Tour Paris 13 parce que premièrement je ne suis resté qu’une semaine à La Tour 13. Il fallait être efficace à cause de ce délai très court. Pour les Bains-Douches, j’y ai au moins passé deux mois de travail en continu.

Quand je suis arrivé, la Tour était déjà très investie, j’avais l’impression d’arriver en dernier. Ce n’était pas du tout la même ambiance, c’était l’été (alors que les Bains-Douches c’était en plein hiver). Le lieu était constitué d’habitations, de petits appartements confinés. Ce n’était pas le même projet, si ce n’est que c’étaient des lieux en transition, où l’on a une grande liberté de création. La nature des projets est la même, mais les circonstances étaient complètement différentes.

J’y ai quand même fait des rencontres sympas, par exemple mon voisin d’appartement Sean Hart, j’ai aussi revu de vieilles connaissances…

Mais c’était différent. Notamment sur le fait qu’à La Tour 13, je n’ai pas eu tout de suite la vision de ce vers quoi je voulais aller. Ce qui était marrant, c’était que ça inquiétait plus les autres que moi. Et puis j’ai vu les portes dans les couloirs, je me suis dit que ce serait ça mon matériau. Je les ai coupées sans trop savoir ce que j’allais en faire, mais j’avais envie de les couper. Je me suis laissé guider par des intuitions spontanées et petit à petit ça a pris forme. C’était plus de l’ordre de l’expérience, une réponse possible à cet espace-là en particulier, à un instant donné, avec les conditions du moment… En ça, pour moi, ça a été une expérience totale, c’était concentré sur l’instant,  comme j’avais peu de temps.

Je suis arrivé à la Tour indirectement par Sowat qui m’a mis en lien avec Medhi. Je n’ai pas vraiment eu le choix de la pièce, parce qu’il en restait peu de disponible Il y avait beaucoup de pièces investies en peinture et Medhi voulait qu’il y ait plus de choses dans l’espace, d’un peu plus interactif. J’étais bien loti dans mon petit 2 pièces, c’était réaliste par rapport au temps que j’avais à y investir.

Quels sont tes projets pour l’année à venir ? As-tu d’autres projets comme les Bains-Douches et la Tour 13?

Non pas ce type de projets. Je vais plus travailler sur des lieux atypiques. Je vais probablement faire une intervention à HEC sur un bout de baraquement qu’ils hésitaient à détruire. Je ne sais pas encore très bien ce que ça va être, quelles dimensions ça va prendre.

Je vais bientôt rentrer à Paris pour un salon du Livre à Marly-la-Ville, où l’on va investir avec Teurk des gradins de 40 mètres de long dans un gymnase. Ce sera sûrement quelque chose de très simple et continu, on va plus créer un rythme qu’une installation bordélique en fait.

Une maquette a été faite et on sait où on va puisqu’on a que cinq jours de montage. Donc ça va aller vite, on a beaucoup de surface, donc il faut être efficace.

Et sinon un autre projet qui se prépare pour juin 2014 dans une collégiale à Orléans par l’intermédiaire de la galerie Magda Danysz. C’est plutôt conséquent, 800m² de surface au sol et 15m sous plafond au plus haut. C’est une église désacralisée et vouée à l’art contemporain pour des expositions éphémères. Ce qui est intéressant c’est que ce n’est pas comme une simple exposition dans une galerie, je vais devoir y passer du temps, installer, créer sur place. Ca va être une expérience totale, encore une fois. J’ai déjà fait la phase de repérages, je me suis imprégné du lieu. Là je suis en train de déterminer formellement ce que je vais y faire. Vu l’échelle du projet, il faut gérer des partenariats, le budget, tout le côté administratif qui rendra les choses idéales pour que je puisse réaliser comme je l’entends. Parce que j’ai peut-être placé la barre un peu haute, mais il faut en profiter aussi, vu l’espace. Donc oui, c’est encore un nouveau contexte.

Tu étais impliqué dans le projet Mausolée de Lek et Sowatdévoilé l’année dernière, ainsi que dans une installation dans une usine abandonnée en Sibérie. Qu’est-ce-qui t’a incité à créer dans ce genre d’endroits ?

C’est toujours intéressant de voir pourquoi ces projets voient le jour, les intérêts, les attentes de chacun. Pour moi, ce sont aussi des opportunités intéressantes pour mettre en pratique ma vision de la création. Pour le moment, je n’expose pas en galerie parce que je n’ai rien à y exposer. Je travaille plus dans des lieux où il y a un contexte propice à ce que moi j’entends par création. Et donc ça passe aussi par des institutions, mais disons que les enjeux et les finalités me conviennent jusqu’à maintenant. Je n’ai pas l’impression de vendre mon âme. Il n’y a pas d’engagement financier particulier ou mal dirigé à mon sens. Donc pour l’instant, c’est comme ça que ça marche.

Ensuite, je sais que je vais être amené à exposer des pièces parce que le travail de sculpture va revenir d’ici quelques temps, je sens que j’ai envie de m’y replonger, de créer des sculptures-objets autonomes et indépendantes d’un contexte donné. Et donc à ce moment là je m’attacherai à ce que les termes, les lieux et les personnes avec qui je m’engage soient bien clairs.

Pour le moment, j’y vais avec prudence, pour avoir conscience de la manière dont ça peut se passer. Il n’y a pas d’urgence, parce que pour moi la création ce n’est pas juste une source de revenus, un objet de vente, même si je commence à en vivre. Donc je préfère ne pas me précipiter et prendre le temps nécessaire, même si l’aventure artistique me réserve encore plein de surprises, et c’est aussi ce que je lui demande.

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Visit SAMBRE: ici.

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