Interview avec ZAP and JUMBO

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ZAP sydney graffiti artist street art parisMur par ZAP 

Les artistes de la côte Australienne ZAP et JUMBO, récemment de passage à Paris, ont d’abord été exposés à la culture graffiti dans les années 80 et 90. JUMBO dit à propos de la culture graffiti: “A la période dans laquelle nous vivons, il est devenu plus difficile d’agir de manière individuelle et d’avoir une voix unique. Notre culture est plus homogène. Je pense à cela en parlant de prendre une bombe de peinture, une boule de fil, une affiche, ou de la peinture et de créer quelque chose dans dans son propre style. Faire ça c’est déclarer son individualité et se dresser contre le genre de société qui cherche à aplatir les différents points de vue et les idées des gens ” .

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre parcours artistique et comment vous êtes entré dans le street art ?

JUMBO: Je me suis toujours intéressé à la culture graffiti quand j’étais jeune. Les gars de mon école avaient peint des trains et des tunnels, et je pouvais voir ces oeuvres d’art sur le chemin lorsque j’allais ou lorsque je revenais de la ville. Ca a coïncidé avec le changement du style musical qui passait à Sydney pendant les années 90, de la house et du funk, du hip-hop, etc. Tous ces nouveaux styles passaient sur les ondes des radios communautaires. L’écoute de cette musique, mélangé avec les graffitis, c’était un message fort, j’ai tiré quelque chose de ça Je ne voulais pas aller dehors et prendre des risques en faisant de gros dégâts et je faisais plutôt un travail d’illustration et du dessin à l’époque. Du coup, je suis resté plus ou moins loin de la scène graffiti jusqu’à ce qu’elle change autour des années 2000 et les choses ont été libératrices quand Barry Mcgee est devenu célèbre et quand Shepard Fairey a commencé à coller des affiches. Ca a été à la même époque que les choses ont changé à Sydney, de toute façon.

JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP, Sydney

Par rapport à ce que vous avez dit, pouvez-vous identifier les principaux thèmes et influences présentes dans votre travail ?

JUMBO: Je fais beaucoup de pièces symétriques dernièrement qui intègrent généralement le thème du cirque et ses animaux, avec différents membres déconstruits. L’idée n’est pas vraiment claire pour moi. J’essaie juste de travailler en mettant en forme mes idées les unes autour des autres, simultanément. C’est intéressant pour moi de peindre et dessiner en même temps.

En termes d’influences, voilà celles qui me viennent immédiatement à l’esprit, j’aime le travail de Honet, d’Hell’o’monsters, et celui de gars ici à Sydney : Beastman, Numskull et Bafcat. Une autre de mes influences, c’est et le design et l’architecture des années 1950 et 1960.

ZAP: Normalement, les gens aime mes œuvres, les couleurs, les formes, les personnages, etc. Certaines personnes ont la tête dure, ils ne comprennent rien de créatif.Les influences principales de mon travail sont des formes abstraites, psychédéliques mais aussi certaines B.D. des années 70 et 80. Les formes, les personnages, les vaisseaux spatiaux, sont tous les symboles du voyage de l’artiste à travers le temps et l’espace.

Vidéo par ZAP

Quelle différence faites-vous entre votre travail dans la rue, souvent sans autorisation, et votre travail en atelier ? Et de quelle manière votre production est-elle connectée au marché de l’art ?

JUMBO: J’ai commencé à faire des affiches parce que c’était facile à mettre en place à Sydney. La loi est assez stricte si tu es pris en train faire des graffitis de manière illégale, C’est considéré comme un crime intolérable. Les affiches étaient un moyen facile de contourner le problème et il y a toujours des endroits où les mettre, car elles peuvent aller presque partout. Ca a changé et maintenant je fais beaucoup plus d’oeuvres directement sur les murs avec des bombes de peintures. Je trouve que c’est une méthode plus stimulante et plus intéressant pour moi en ce moment. Je pense que je vais revenir à l’affiche à nouveau, par la suite.

ZAP: Je me considére comme un artiste outsider qui utilise des bombes de peinture, parce qu’avant que le Street art ne soit populaire, je faisais déjà des expériences avec des idées inhabituelles. Je pense que le monde de l’art est vraiment bien, du graffiti au Street Art. Je n’aime pas la manière qu’ont certaines personnes d’utiliser le street art ou le graffiti pour faire de l’argent. C’est bien de faire de l’argent, mais quand on le fait de l’art pour avoir de l’argent, ça devient toute autre chose, ce n’est plus de l’art alternatif. Je pense qu’il y aura toujours des problèmes entre les graveurs et les street artistes.

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAPJUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

Emmenez-nous dans votre processus de création artistique.

JUMBO: Je pose un de mes croquis sur le mur et je le développe un peu en fonction de l’espace et parfois il peut aussi changer en fonction de l’environnent.

ZAP: En ce qui concerne mon processus de création, je fonctionne d’abord par esquisses, puis je change de support et je passe au mur. Je choisis un endroit spontanément. L’architecture est également importante: les textures des murs. D’habitude, j’aime bien les endroits dégradés, en mauvais état qui ont beaucoup de caractère etc.

Comment les gens réagissent habituellement face au travail que vous créez dans la rue?

JUMBO: A Paris c’était super, les gens étaient vraiment favorables à ce que nous faisions. Ce que nous avons peint à Paris n’est probablement pas quelque chose qu’ lin voit beaucoup dans la rue là-bas. Très grand, non subjectif, coloré et abstrait. Ce ne sont pas des oeuvres conflictuelles. Ceci étant dit, il y’a quand même eu des gens qui ont mal réagi. Il y avait un gars qui avait déjà beaucoup de tags sur sa devanture et ses volets, donc on est arrivé et on a commencé à peindre sur la zone déjà taggée. Ca allait le rafraîchir un peu, mais il nous a vu et est devenu fou furieux, a commencé à donner des coups de pied dans les bombes de peinture que nous avions posées sur le trottoir, elles se sont retrouvées partout dans la rue, et il a voulu nous signaler à la police. Il n’avait pas tord, parfois les devantures de magasins sont détruites, mais nous n’étions pas là pour l’abimer Malheureusement, tout le monde ne le voit de la même façon, mais je peux comprendre cela.

ZAP: Le climat politique [à Sydney] est dominé par les conservateurs en ce moment, ce qui affecte le Street Art et les graffitis, parce qu’ils veulent que tout soit très propre, comme à Singapour. Et les yuppies (young urban professional) ne nous aident pas pas non plus.

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JUMBO sydney graffiti artist street art parisJUMBO, Paris

ZAP sydney graffiti artist street art paris ZAP

Qu’est-ce que vous aimez dans le fait d’investir Paris avec votre travail, et où avez-vous eu l’occasion de peindre durant votre voyage?

JUMBO: Paris c’était super, il y a de si belles rues et ruelles. Je pense qu’il faut faire attention et prendre en compte l’environnement dans laquelle on souhaite créer quelque chose, pour voir si ça fonctionne, parce que les rues de Paris sont chargées d’histoire et les habitants sont fiers de leur ville. Paris n’est plus délabré et certains endroits sont assez haut de gamme. Alors ils réagissent mal si vous allez peindre dans le mauvais endroit. J’ai également peint à Londres et à Berlin au cours de ce voyage.

ZAP: Quand je peignais à Paris, j’ai eu beaucoup de réactions inhabituelles. Il y a certains moments où on l’a échappé belle, mais la plupart du temps c’était positif. Beaucoup plus qu’à Sydney. Ce qui me plaît Paris c’est l’énergie brute des rues et l’architecture. A Berlin c’est pareil. J’aime beaucoup le style de Paris, je l’ai toujours aimé depuis les années 80.C’était incroyable de peindre sur un grand nombre de bâtiments abandonnés. Il y avait une super ambiance. Sydney, à mon avis est l’un des pires endroits pour peindre. Tout est poncé, il y a trop de projets immobiliers, il n’y a pas beaucoup de bâtiments abandonnés. Le grand public a une idée très arriérée à propos du fait de peindre sur les murs. S’ils vous voient faire quelque chose avec des bombes de peintures sur les murs, ils appelleront les flics tout de suite. L’Europe et l’Amérique du Sud sont des endroits incroyables pour peindre.

Quel est le plus grand défi que vous ayez rencontré lors de la mise en place d’une oeuvre dans la rue?

JUMBO: Trouver une place qui ne dérangeait personne était en quelque sorte un défi … surtout dans une ville étrangère où vous ne savez pas exactement ce qui se passe tout le temps.

Comme je le disais, la loi est sévère ici à Sydney, donc il y a peu d’opportunité de faire ce que l’on veut. Ca doit être légal … la plupart du temps, de toute façon ...

ZAP: L’un des plus grands défis que j’ai rencontré en faisant du Street Art c’était quand je mettais ces affiches que j’avais faites et qui avait deux étages.. Elles n’arrêtaient pas de tomber, mais finalement j’ai réussi à les mettre place.

ZAP sydney graffiti artist street art paris Une pièce du street artiste de Sydney ZAP

Où et quand avez-vous mis en place votre première oeuvre dans la rue ?

JUMBO: C’était à Sydney en 2001

ZAP: Tout d’abord, j’ai commencé à m’intéressé au graffiti vers 1986. Je suis entré dans l’univers du graffiti à travers le skateboard. Je construisais des rampes de skateboard dans des bâtiments abandonnés – C’est là que j’ai fait ma première pièce graffiti.

J’étais dans le graffiti pur dans les années 80 et au début des années 90, jusqu’à 1996. J’ai commencé à créer des choses avec un anti style, c’était un style abstrait, avec une influence des B.D. Comics des années 70 et du début des années 80, avec des lignes floues, pas de lignes nettes, de l’overspray etc. De la peinture au pistolet que je faisais ressembler à de l’art brut. Je prenais aussi des cours dans une école d’art à ce moment là. Les graffeurs me disait: “ce n’est pas du graffiti, ça devrait être sur une toile”.

Quel est selon vous l’importance du street art ?

JUMBO: A cette époque dans laquelle nous vivons, il est devenu plus difficile d’être personnel, d’avoir son propre style et d’avoir une voix unique. Notre culture est plus homogène. Je pense à cela en parlant de prendre une bombe de peinture, une boule de fil, une affiche, ou de la peinture et de créer quelque chose dans dans son propre style. Faire ça c’est déclarer son individualité et se dresser contre le genre de société qui cherche à aplatir les différents points de vue et les idées des gens

Quels sont vos plans pour le reste de 2013?

JUMBO: Pour le reste de 2013, je prévois de faire quelques escapades à l’étranger, quelques spectacles ici à Sydney, et beaucoup plus de peinture sur les murs bien sur.

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ZAP peut être trouvé en ligne, ici.

JUMBO peut être trouvé en ligne, ici.

 

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