Entretien avec Milo Project

Milo Project - Street Art Paris

Parlez-nous un peu de votre parcours artistique et comment et pourquoi vous êtes-vous lancé dans le street art ?

J’ai commencé par l’illustration qui a pendant longtemps été un moyen de développer mes idées. Ensuite j’ai découvert le milieu du graffiti en observateur. La réappropriation de l’espace urbain ma vite interpelé. Je me suis rendu compte du potentiel qu’offrait l’espace urbain aux artistes. Mes premières interventions dans la rue étaient de la peinture et du pochoir. Je me suis assez vite sentit frustré par les limites techniques de la peinture. Il y avait un décalage entre mes envies et la technique en 2 dimensions. J’ai alors envisagé mon travail en volume se qui ma ouvert un nombre de possibilité infini.

Milo Project - Street Art ParisSérie de Arrows. [Adresse inconnue.]

Milo Project Compression series number 05 - street art parisCompression series, number 05 (2019)

Où et quand avez-vous posté votre première pièce de rue ?

Ma première intervention en volume était en 2010. J’ai aimanté sur une grande colonne  un personnage (Le projet UFP) dans le quartier de Beaubourg à Paris, c’était l’hiver en pleine nuit sous la pluie! Un bon souvenir!

Qu’est-ce qui vous pousse à peindre des œuvres dans la rue ?

J’ai choisi de travailler dans la rue pour la diversité et la liberté qu’elle m’apporte. Ce qui m’intéresse c’est l’aspect gratuit et populaire de cet art, ce réapproprier l’espace urbain pour  proposé un regard différent sur la ville. J’aime que mon travail soit vu par monsieur et madame tout le monde et non exclusivement par un public de connaisseur.

Milo Project - Street Art ParisMilo Project - Street Art ParisSérie de Invisible Minority. [Autocollants de SUPE.]

Parlez-nous de votre processus de production d’œuvres d’art ?

Je commence par avoir une idée, un sentiment exprimer (les sujets tourne en généralement autour des mêmes thèmes) et j’essaye de trouver une image qui exprimera de la façon la plus juste selon moi cette idée. Ensuite la partie qui est parfois la plus compliqué est de chercher comment fabriquée cette image. Je passe beaucoup de temps a chercher des solutions pour la fabrication. Beaucoup de projet n’ont pas vu le jour parce que je ne trouvais pas le résultat très satisfaisant. Sur un projet que je réalise dans la rue j’en développe cinq  qui finirons à la poubelle.

Milo Project - Street Art ParisExit series.

Comment choisissez-vous vos emplacements et quelle est, selon vous, l’importance du contexte dans votre street art ?

Le contexte est primordial dans l’art de rue. Sans le contexte la forme prend le pas sur le sens. L’histoire que raconte une installation changera en fonction du lieux où on l’installe.  Je passe beaucoup de temps à faire du repérage pour essayer de trouver des lieux qui sois pertinent, qui fonctionne visuellement ou historiquement avec un projet. Je cherche une interaction entre le lieu et l’installation.

Milo Project - Street Art Paris

Que ressentez-vous lorsqu’une de vos pièces est arrachée, repeinte, enlevée, etc. ?

Je n’ai aucun problème avec ça, au contraire. Ça fait partit de la définition même de l’art de rue qui est un art éphémère. Le  volume dans la rue est beaucoup plus éphémère de ce fait pour qu’il soit valable dans le temps il faut penser au préalable à sa retranscription c’est à dire dans mon cas à la photographie ou à la vidéo.

Milo Project - Street Art Paris

Parlez-nous de certaines des réactions que les gens ont eues face à votre travail dans la rue. Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de venir travailler à Paris.

C’est très intéressant d’avoir la réaction des gens à vif sur des installations. Comme je reste sur place pour prendre des photos j’ai l’occasion parfois de parler avec les passants sans qu’il sache que je suis l’auteur. J’ai découvert que les interprétations étaient vraiment multiple. Sur une idée que j’ai voulut exprimer je m’aperçoit en parlant à des personnes que chacun interprète une œuvre avec sa propre expérience son histoire et sa sensibilité. Ça m’ouvre à de nouvelle perspective sur des sujets sur lesquels je travail. L’échange est primordial, c’est l’avantage de travailler dans la rue!

Milo Project - Street Art ParisSwitch series.

En dehors des murs, sur quelles autres surfaces aimez-vous travailler et quelle a été la plus inhabituelle ?

Je n’ai pas de surface préféré. Je m’adapte à mon idée d’origine. J’ai déjà essayer de faire une installation  au milieux d’un lac à l’aide d’une barque. C’était un personnage assis à la surface de l’eau, l’expérience était assez amusante mais techniquement un vrais cauchemars.

Dites-nous qui sont vos street artistes préférés ?

Il y a pas mal d’artiste urbain que je trouve intéressant comme Brad Downey, Spy Emmanuel Bayon, Escif, Mathieu Tremblin, ou mes bons amis Jim et LORK qui sont de super artiste parisien! Mais mes influences viennent surtout d’autres horizons comme la sculpture, la peinture la vidéo comme Bill Viola, Gehard Demetz, Theo Jansen, Choi Xooang, Anthony Howe, Francis Bacon ou Jacques Brel.

Selon vous, quelle est l’importance du street art ?

L’art de rue sous  toute ses formes est nécessaire pour une bonne santé mentale de notre société. Il est gratuit et populaire et devrait le rester. J’aime tomber par hasard dans la rue sur une pièce qui me fait m’arrêter quelques instant et réfléchir, me remettre en question sur un sujet qu’il soit poétique, politique ou philosophique, qu’il m’extrait consciemment ou non de mon quotidien.

Quels sont vos projets pour le reste de 2015 ?

Beaucoup de nouveaux projets en cours de fabrication. Dans le metro parisien et dans la ville!

Milo Project - Street Art Paris

Site web de Milo Project, ici et Instagram, ici.