Entretien avec Philouwer

Philouwer street artist Blog 142 Job 11

D’où venez-vous et en quelle année êtes-vous né ?

Je suis né en 1977 à Berck entre la mer, un phare et des dunes de sable. Ce qui doit expliquer en partie pourquoi je dessine autant de craies-à-tures marines.

Qu’est-ce qui vous a amené à devenir artiste et à réaliser des œuvres dans l’espace public ?

J’ai toujours dessiné en autodidacte depuis tout petit et mes débuts dans la rue sont liés à des concours de circonstances qui ont fait qu’entre les bonnes rencontres et les bonnes personnes, j’en suis venu à graffer sur les murs de ma ville, Vitry sur Seine. J’ai commencé ainsi en réalisant des œuvres figuratives à la bombe au milieu des lettrages d’autres graffeurs avant de me tourner vers la technique du pastel.

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Qu’est-ce qui vous motive à créer ?

Créer est avant tout une démarche très égoïste de ma part dans le sens où ça me procure beaucoup de plaisir et que ça répond avant tout à un besoin pour moi seul. Mais c’est aussi une pratique cathartique. C’est une impulsion tout à la fois très physique notamment dans le fait de pratiquer directement à la main sur le mur, de sentir toutes les aspérités, la texture, de mélanger la matière mais ça se rapproche aussi d’une pratique méditative car quand je dessine dans la rue, je suis bien souvent dans ma bulle et j’en oublie mon environnement.

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Y a-t-il un environnement ou un matériel spécifique qui fait partie intégrante de votre travail ?

Je travaille exclusivement au pastel sec qui est une technique très marginale dans le monde de l’art de rue. Outre le résultat qui est fragile et très éphémère, à la merci notamment des intempéries, c’est une technique qui nécessite de passer beaucoup de temps sur place. Entre 2 et 4 heures généralement pour composer une œuvre. Hormis pour le tracé, j’utilise peu le pastel directement sur le support mais principalement mes doigts pour travailler, comme des pinceaux de différentes tailles destinés à peaufiner les détails, créer des dégradés et des ombrages.

Veuillez décrire d’autres artistes dont le travail a eu une influence sur ce que vous faites.

Peyo: Depuis que je dessine, j’ai été très influencé par la bande-dessinée franco-belge et par une quantité de talentueux auteurs avec en tout premier Peyo. Les schtroumpfs noirs est la première BD que j’ai découvert et je l’ai parcouru des milliers de fois pour comprendre son style et m’en imprégner. Son trait en ligne claire tout à la fois simple et pourtant terriblement expressif a été mon premier cours de dessin en quelque sorte.

Uderzo: J’ai eu la chance de rencontrer Uderzo lors d’un événement et de pouvoir échanger quelques mots avec lui. Je lui ai parlé de ma passion pour le dessin et il m’a donné un conseil: “Pour s’améliorer et progresser constamment, il faut dessiner tous les jours!” C’est le meilleur conseil que j’ai reçu de ma vie.

“Il était une fois trois vilains brigands… dont la vie changea totalement le jour où ils rencontrèrent Tiffany, la petite orpheline. De trois méchants elle fit… des bienfaiteurs de l’humanité” – Les Trois brigands par Tomi Ungere.

Tomi Ungerer: Outre la BD franco-belge, j’ai été très influencé par des illustrateurs jeunesse. Son ouvrage, “Les Trois Brigands” a été un choc tant narratif que visuel. Son utilisation du trait et de la couleur proche de l’épure au service du récit m’a beaucoup imprégné et j’essaie de distiller un peu de cette influence dans mon travail dans la rue.

Hayao Miyazaki: Je pourrais citer comme influence un nombre incalculable d’artistes japonais mais le maître absolu reste Miyazaki. Sa manière de sublimer la nature et le vivant est une influence évidente. J’aime tout simplement la poésie qui se dégage de son œuvre.

Seth artist - street art Paris

Seth: Comme je suis venu à dessiner assez tard dans la rue, je n’ai pas vraiment de références parmi les streetartistes mais je me retrouve beaucoup dans la démarche de Seth. J’aime l’authenticité et la pudeur qui se dégage de ses œuvres. Sa manière de traiter le thème de l’enfance et de parler à l’enfant qui réside en chacun d’entre nous.

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Avez-vous un réseau d’autres artistes de rue et comment vous soutiennent-ils ?

Je n’ai pas à proprement parler de “réseau” car comme je le disais, la technique du pastel est assez marginale et solitaire. Je n’ai pas d’atelier et je travaille uniquement dans la rue. Mais j’échange avec d’autres artistes notamment au travers des réseaux sociaux.

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Instagram de Philouwer, ici.